L'homme et le moi
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L'homme et le moi
| K-59 Chercheur de vérité ![]() Inscrit le: 25 Nov 2007 Messages: 286 Sexe: Homme |
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Cassiopée- Messages: 17566
Date d'inscription: 28/04/2009
Re: L'homme et le moi
Mais plutôt que de dégager ainsi jusqu'au bout
le fruit de chaque geste, les hommes, dans leur désir d'être heureux,
essaient de tout. Tour à tour, ils abandonnent ce qui les déçoit et,
limités par la médiocrité de leurs ambitions, passent d'une
satisfaction à l'autre.
D'abord, ils croient découvrir le bonheur dans la possession des
biens matériels et des plaisirs grossiers. S'ils n'y trouvent pas la
félicité qu'ils cherchent, ils tournent leurs désirs affinés vers les
biens soi-disant spirituels. Ils espèrent les trouver dans un monde
qu'ils croient être réel, mais qui n'est qu'artificiel, créé par
l'espoir et leur propre fantaisie. Dans ce monde dépourvu de réalité,
se trouvent les croyances de toutes sortes, l'occultisme et le
mysticisme.
Harcelé par la souffrance, l 'homme
qui cherche la vérité tombe dans un dernier piège. Il a appris que tout
soutien extérieur, tout ce qui s'appuie sur une autorité ne peut pas
l'amener vers son but. Il se détache alors résolument de tous les
objets, et se replie sur son être intérieur où il espère découvrir la
vérité. Là, l'ultime déception le guette, car dans cette prison subtile
il rencontrera le "je", le sens du moi qui s'oppose aux autres personnes, l'individualité entachée de qualités qui la rendent distincte.
Le "je" dépend du temps et de l'espace; donc, il développe des qualités
qui appartiennent au temps et à l'espace. La bataille devient
inévitable entre l'individu et la Vérité.
Ce que j'entends par individu, ce n'est pas une unité humaine
considérée par rapport à l'espèce. On parle beaucoup de l'individu dans
ses rapports avec la collectivité, en opposant simplement au nombre un
des éléments qui constituent ce nombre. Un homme considéré comme une
unité, comme on le fait pour un objet, pour un oiseau ou pour un arbre,
n'est pas un individu dans le sens que je prête à ce mot. Pour moi n'est individu que l 'homme qui a découvert son unicité, l'homme qui est devenu totalement soi-conscient.
Pour éviter de nouveaux. malentendus, je ferai remarquer que l'unicité,
telle que je l'entends, n'est pas une qualité d'originalité, mais
indique le processus particulier suivant lequel chaque homme atteint la
vérité, la manière propre qu'il a de parvenir à son accomplissement.
Nous avons laissé l'homme
qui cherche la vérité à sa dernière étape. S'étant détaché de tout,
s'étant détourné de tout appui, de toute autorité, il a néanmoins gardé
l'espoir de découvrir la vérité en lui-mène. Mais le "je", le "Moi",
l'"Ego", dans son exclusion, ne contient pas la vérité, et déçoit son
dernier espoir. Il se peut alors que, complètement découragé, l'homme
se détache de tout, n'ait plus foi en rien, et s'abandonne à
l'indifférence. Il entre dans le monde de la mort, dans le monde du
néant.
A un moment donné, il avait connu l'extase de la richesse, du
pouvoir, du succès. Ensuite, il s'était grisé de l'extase intérieure
pour arriver enfin à cette extase du néant. Maintenant qu'il est
dépouillé de tout, qu'il s'est débarrassé de toutes les entraves, qu'il
a abandonné les cages, qu'il ne s'appuie plus sur aucune autorité,
qu'il ne recherche ni consolation ni espoir,. il lui reste à faire un
dernier effort pour aller au-devant de la vérité qui consumera son
être. Il est enfin prêt à découvrir la réalité qui contient la négation
et l'affirmation, cet absolu qui ne connaît pas les degrés de la
perfection, qui est l'être pur, la Vie et la Vérité. Le moment critique
est arrivé qui déterminera, ou bien le triomphe de la Vérité ou bien la
rechute de l'homme dans l'égo, c'est-à-dire la nécessité de recommencer l'expérience dont il n'a pas appris la leçon.
Pendant qu'il parcourait sa longue route, l'homme
était semblable à un bateau sans gouvernail qui est entraîné par le
courant d'un fleuve. Poussé par les flots, il prenait son mouvement
involontaire pour un mouvement de sa volonté et les reculs provoqués
par ses réactions pour un détachement philosophique. Mais le vrai
détachement consiste à discerner ce qui est essentiel de ce qui ne
l'est pas, et à choisir l'essentiel. Ce choix s'oppose à l'idée que
fait d'habitude du détachement : on pense qu'il consiste à éliminer ce
qui est illusoire. Cette élimination est un acte négatif. Si au lieu
d'éliminer ce qui n'est pas essentiel on s'efforce de saisir ce qui est
essentiel, on se détache mais d'une façon positive.
En effet, la découverte de ce qui est illusoire peut mener à la
conclusion que tout n'est qu'illusion, Maya. Cette conclusion n'est pas
exacte. Les objets sont réels, comme sont réelles les émotions et les
pensées. C'est leur assemblage qui constitue un monde irréel où
pourtant il nous faut découvrir la Vérité. .
Pour l'ignorant, la réalité est constituée par cet assemblage d'un
monde extérieur avec son propre monde intérieur, et par les réactions
qui en résultent. Quand il croit agir librement, ses actes sont
déterminés par des causes qu'il ne connaît pas, quand il croit être
positif, il ne fait que réagir à des contacts extérieurs.
Le résultat de toutes ses réactions est ce qu'on appelle une
civilisation. Pourtant, la fonction d'une vraie civilisation est
d'aider l'homme
à parvenir à l'action pure. Si, comme nous le constatons à notre
époque, la civilisation n'aboutit pas à cela, elle n'est pas une vraie
civilisation. Pour y trouver la Vérité nous devons mettre à jour les
réactions qui la produisent, et dans cette irréalité découvrir le réel
et nous en emparer. C'est ainsi que nous pourrons rejeter une fausse
civilisation; tandis que le renoncement en ferait encore partie.
Constater que nous sommes passifs, que nous agissons
automatiquement, c'est commencer à travailler consciemment sur
nous-mêmes. Mais pour savoir si nous sommes immobiles ou en mouvement,
nous devons établir un point de repère. Ce point de repère est l'action
pure, c'est-à-dire le but même que l 'homme
doit atteindre. Affirmer ce but, le garder présent, c'est s'en servir
comme moyen pour y parvenir. Sans lui, nous sommes dominés par une
négation qui nous conduit à l'indifférence complète.
Pourtant, l'homme
ne peut pas vivre dans l'indifférence. La vie en lui ne tolère pas cet
état statique et le force à bondir en avant ou, au contraire, à
retomber en arrière pour recommencer à souffrir. S'il retombe, il peut
bien des fois être ramené au point mort de l'indifférence et retomber
encore. Il doit briser ce point mort, dépasser définitivement cet état
d'indifférence, et aller au-delà, vers un état d'équilibre dynamique,
où il connaîtra l'action pure et la création pure.
Tant que l'homme
n'est pas parvenu à l'action pure, tout ce qu'il prend pour sa création
n'est qu'une activité passive éclairée quelquefois d'un faible reflet
créateur. Sa poésie, sa musique, sa peinture, son architecture, tous
ses arts ne sont encore qu'une activité et non pas une création libre.
Ce qui importe, c'est de posséder l'art de vivre qui est la seule
véritable création, le seul art positif.
Lorsque l'homme dans la prison de la négation arrive devant le mur qui, édifié par son sens du moi, le sépare de la réalité, il doit encore accomplir l'acte qui le libérera définitivement. En deçà de ce mur, le sens du "Moi",
le "je", s'amplifie sans cesse pour culminer dans le plein
épanouissement de la soi-conscience. Cette soi-conscience n'est pas
encore la libération de la conscience parce que, liée aux réactions,
elle s'appuie sur le subconscient et sur l'inconscient, tandis que dans
la libération de la conscience il n'y a plus ni subconscience, ni
inconscience, ni conscience.
Le mur de la séparation empêche l'homme d'apercevoir la Vérité. L'homme
doit le faire disparaître, et cette élimination constitue l'acte
positif qui le libère. La vie se trouve de l'autre côté du mur, mais en
réalité le mur n'existe pas: c'est l'illusion de la division, le sens
du moi
qui emprisonne, et c'est lui qu'il s'agit de faire disparaître. Là où
le "je" n'existe plus, il n'y a plus de place pour la peur, et c'est
alors que l'homme connaît le détachement.
La crainte qu'il avait de souffrir et d'éprouver des désillusions ne
l'avait conduit qu'à l'indifférence. Mais l'indifférence est un faux
détachement. Le détachement véritable est l 'amour lui-même sans objet
ni sujet.
L'homme libéré de ses limitations de la peur, du "je" avec toutes ses qualités, parvient enfin à la connaissance. '\
Au cours d'une première étape, l'homme
cherche dans le monde du. relatif la connaissance encyclopédique des
objets et des rapports qui existent en eux. Puis il cherche à se
connaître lui-même, et cette connaissance l'amène graduellement à être
conscient de ses limitations, jusqu'au moment où, pleinement en
possession de toute sa conscience, il parvient à la connaissance de
l'Éternel. Celle-ci n'est pas une amplification de la connaissance de
soi, car ayant dépassé toute conscience elle ne connaît plus ni
séparation ni unité. Elle est l'illumination qui donne à chaque chose
sa vraie valeur.
Dès sa première vision de la Vérité, 1'homme commence à éliminer
son "je" jusqu'au moment où il voit la possibilité de quitter sa
dernière prison. Il se débarrasse alors complètement du "je" et se
libère de la grande illusion de la séparation. Dès lors, il est libre,
il est enfin homme.
Pour moi, le surhomme n'existe pas. On le conçoit généralement comme un être doué de qualités et de vertus exaltées. Mais l'homme libéré n'a pas de qualités, parce que celles-ci appartiennent au "je" dont l'homme s'est précisément dépouillé.
L'Ego développé à 1'extrême s'appelle surhomme ou Dieu; mais
puisque le "je" est une limitation, donc une imperfection, comment
deviendrait-il (même démesurément agrandi) parfait ou illimité? Lorsque
le "je" a disparu, l'homme
atteint la perfection et devient pareil à un Christ, à un Bouddha,
c'est-à-dire réellement un homme: "Homme" reprend alors son sens
propre, I'homme est l'être qui n'a pas d'égo. En lui toutes les
limitations (ses qualités) ont disparu. La perfection ne comporte pas
de degrés, car l'égo, auquel seul s'appliquent les qualités, n'existe
plus.
Pour réaliser la Vérité, il ne faut pas l'envisager du point de
vue du relatif. Le relatif appartient encore à l'égo, quand l'égo
disparaît le relatif fait place à l'absolu. Tout acte pur, c'est-à-dire
tout acte dépouillé du "je", dévoile la Vérité, mais il ne peut
procéder que d'un être conscient de la perfection.
L'homme,
depuis sa naissance, s'est enrichi de toutes ses expériences. Il a
d'abord expérimenté une perfection végétative, inconsciente, puis
l'imperfection, qui, d'inconsciente est devenue plus tard consciente.
Il arrive maintenant à une simplicité qui n'est aucunement primitive,
mais qui apparaît au contraire comme une riche et parfaite synthèse,
une oeuvre d'art où pas une ligne ne peut être supprimée.
S'il n'a pas encore réalisé la perfection, il peut néanmoins
l'avoir déjà présente à l'esprit comme un but à atteindre. L'acte qu'il
accomplit en vue d'atteindre ce but, pour qu'il soit utile, doit être
conscient et délibéré. Il faut que l'homme
agisse par expérience personnelle. C'est son expérience qui lui
démontre que l'égo a un but, et qui le pousse à agir en choisissant
librement les actes qui le conduiront à ce but. Si ce Choix demande un
effort, il peut tout de même, ben qu'imparfait, avoir du prix, parce
qu'il est fait librement, tandis que l'effort qui provient du désir que
l'on a de se conformer à l'idéal d'un autre n'a aucune valeur.
le fruit de chaque geste, les hommes, dans leur désir d'être heureux,
essaient de tout. Tour à tour, ils abandonnent ce qui les déçoit et,
limités par la médiocrité de leurs ambitions, passent d'une
satisfaction à l'autre.
D'abord, ils croient découvrir le bonheur dans la possession des
biens matériels et des plaisirs grossiers. S'ils n'y trouvent pas la
félicité qu'ils cherchent, ils tournent leurs désirs affinés vers les
biens soi-disant spirituels. Ils espèrent les trouver dans un monde
qu'ils croient être réel, mais qui n'est qu'artificiel, créé par
l'espoir et leur propre fantaisie. Dans ce monde dépourvu de réalité,
se trouvent les croyances de toutes sortes, l'occultisme et le
mysticisme.
Harcelé par la souffrance, l 'homme
qui cherche la vérité tombe dans un dernier piège. Il a appris que tout
soutien extérieur, tout ce qui s'appuie sur une autorité ne peut pas
l'amener vers son but. Il se détache alors résolument de tous les
objets, et se replie sur son être intérieur où il espère découvrir la
vérité. Là, l'ultime déception le guette, car dans cette prison subtile
il rencontrera le "je", le sens du moi qui s'oppose aux autres personnes, l'individualité entachée de qualités qui la rendent distincte.
Le "je" dépend du temps et de l'espace; donc, il développe des qualités
qui appartiennent au temps et à l'espace. La bataille devient
inévitable entre l'individu et la Vérité.
Ce que j'entends par individu, ce n'est pas une unité humaine
considérée par rapport à l'espèce. On parle beaucoup de l'individu dans
ses rapports avec la collectivité, en opposant simplement au nombre un
des éléments qui constituent ce nombre. Un homme considéré comme une
unité, comme on le fait pour un objet, pour un oiseau ou pour un arbre,
n'est pas un individu dans le sens que je prête à ce mot. Pour moi n'est individu que l 'homme qui a découvert son unicité, l'homme qui est devenu totalement soi-conscient.
Pour éviter de nouveaux. malentendus, je ferai remarquer que l'unicité,
telle que je l'entends, n'est pas une qualité d'originalité, mais
indique le processus particulier suivant lequel chaque homme atteint la
vérité, la manière propre qu'il a de parvenir à son accomplissement.
Nous avons laissé l'homme
qui cherche la vérité à sa dernière étape. S'étant détaché de tout,
s'étant détourné de tout appui, de toute autorité, il a néanmoins gardé
l'espoir de découvrir la vérité en lui-mène. Mais le "je", le "Moi",
l'"Ego", dans son exclusion, ne contient pas la vérité, et déçoit son
dernier espoir. Il se peut alors que, complètement découragé, l'homme
se détache de tout, n'ait plus foi en rien, et s'abandonne à
l'indifférence. Il entre dans le monde de la mort, dans le monde du
néant.
A un moment donné, il avait connu l'extase de la richesse, du
pouvoir, du succès. Ensuite, il s'était grisé de l'extase intérieure
pour arriver enfin à cette extase du néant. Maintenant qu'il est
dépouillé de tout, qu'il s'est débarrassé de toutes les entraves, qu'il
a abandonné les cages, qu'il ne s'appuie plus sur aucune autorité,
qu'il ne recherche ni consolation ni espoir,. il lui reste à faire un
dernier effort pour aller au-devant de la vérité qui consumera son
être. Il est enfin prêt à découvrir la réalité qui contient la négation
et l'affirmation, cet absolu qui ne connaît pas les degrés de la
perfection, qui est l'être pur, la Vie et la Vérité. Le moment critique
est arrivé qui déterminera, ou bien le triomphe de la Vérité ou bien la
rechute de l'homme dans l'égo, c'est-à-dire la nécessité de recommencer l'expérience dont il n'a pas appris la leçon.
Pendant qu'il parcourait sa longue route, l'homme
était semblable à un bateau sans gouvernail qui est entraîné par le
courant d'un fleuve. Poussé par les flots, il prenait son mouvement
involontaire pour un mouvement de sa volonté et les reculs provoqués
par ses réactions pour un détachement philosophique. Mais le vrai
détachement consiste à discerner ce qui est essentiel de ce qui ne
l'est pas, et à choisir l'essentiel. Ce choix s'oppose à l'idée que
fait d'habitude du détachement : on pense qu'il consiste à éliminer ce
qui est illusoire. Cette élimination est un acte négatif. Si au lieu
d'éliminer ce qui n'est pas essentiel on s'efforce de saisir ce qui est
essentiel, on se détache mais d'une façon positive.
En effet, la découverte de ce qui est illusoire peut mener à la
conclusion que tout n'est qu'illusion, Maya. Cette conclusion n'est pas
exacte. Les objets sont réels, comme sont réelles les émotions et les
pensées. C'est leur assemblage qui constitue un monde irréel où
pourtant il nous faut découvrir la Vérité. .
Pour l'ignorant, la réalité est constituée par cet assemblage d'un
monde extérieur avec son propre monde intérieur, et par les réactions
qui en résultent. Quand il croit agir librement, ses actes sont
déterminés par des causes qu'il ne connaît pas, quand il croit être
positif, il ne fait que réagir à des contacts extérieurs.
Le résultat de toutes ses réactions est ce qu'on appelle une
civilisation. Pourtant, la fonction d'une vraie civilisation est
d'aider l'homme
à parvenir à l'action pure. Si, comme nous le constatons à notre
époque, la civilisation n'aboutit pas à cela, elle n'est pas une vraie
civilisation. Pour y trouver la Vérité nous devons mettre à jour les
réactions qui la produisent, et dans cette irréalité découvrir le réel
et nous en emparer. C'est ainsi que nous pourrons rejeter une fausse
civilisation; tandis que le renoncement en ferait encore partie.
Constater que nous sommes passifs, que nous agissons
automatiquement, c'est commencer à travailler consciemment sur
nous-mêmes. Mais pour savoir si nous sommes immobiles ou en mouvement,
nous devons établir un point de repère. Ce point de repère est l'action
pure, c'est-à-dire le but même que l 'homme
doit atteindre. Affirmer ce but, le garder présent, c'est s'en servir
comme moyen pour y parvenir. Sans lui, nous sommes dominés par une
négation qui nous conduit à l'indifférence complète.
Pourtant, l'homme
ne peut pas vivre dans l'indifférence. La vie en lui ne tolère pas cet
état statique et le force à bondir en avant ou, au contraire, à
retomber en arrière pour recommencer à souffrir. S'il retombe, il peut
bien des fois être ramené au point mort de l'indifférence et retomber
encore. Il doit briser ce point mort, dépasser définitivement cet état
d'indifférence, et aller au-delà, vers un état d'équilibre dynamique,
où il connaîtra l'action pure et la création pure.
Tant que l'homme
n'est pas parvenu à l'action pure, tout ce qu'il prend pour sa création
n'est qu'une activité passive éclairée quelquefois d'un faible reflet
créateur. Sa poésie, sa musique, sa peinture, son architecture, tous
ses arts ne sont encore qu'une activité et non pas une création libre.
Ce qui importe, c'est de posséder l'art de vivre qui est la seule
véritable création, le seul art positif.
Lorsque l'homme dans la prison de la négation arrive devant le mur qui, édifié par son sens du moi, le sépare de la réalité, il doit encore accomplir l'acte qui le libérera définitivement. En deçà de ce mur, le sens du "Moi",
le "je", s'amplifie sans cesse pour culminer dans le plein
épanouissement de la soi-conscience. Cette soi-conscience n'est pas
encore la libération de la conscience parce que, liée aux réactions,
elle s'appuie sur le subconscient et sur l'inconscient, tandis que dans
la libération de la conscience il n'y a plus ni subconscience, ni
inconscience, ni conscience.
Le mur de la séparation empêche l'homme d'apercevoir la Vérité. L'homme
doit le faire disparaître, et cette élimination constitue l'acte
positif qui le libère. La vie se trouve de l'autre côté du mur, mais en
réalité le mur n'existe pas: c'est l'illusion de la division, le sens
du moi
qui emprisonne, et c'est lui qu'il s'agit de faire disparaître. Là où
le "je" n'existe plus, il n'y a plus de place pour la peur, et c'est
alors que l'homme connaît le détachement.
La crainte qu'il avait de souffrir et d'éprouver des désillusions ne
l'avait conduit qu'à l'indifférence. Mais l'indifférence est un faux
détachement. Le détachement véritable est l 'amour lui-même sans objet
ni sujet.
L'homme libéré de ses limitations de la peur, du "je" avec toutes ses qualités, parvient enfin à la connaissance. '\
Au cours d'une première étape, l'homme
cherche dans le monde du. relatif la connaissance encyclopédique des
objets et des rapports qui existent en eux. Puis il cherche à se
connaître lui-même, et cette connaissance l'amène graduellement à être
conscient de ses limitations, jusqu'au moment où, pleinement en
possession de toute sa conscience, il parvient à la connaissance de
l'Éternel. Celle-ci n'est pas une amplification de la connaissance de
soi, car ayant dépassé toute conscience elle ne connaît plus ni
séparation ni unité. Elle est l'illumination qui donne à chaque chose
sa vraie valeur.
Dès sa première vision de la Vérité, 1'homme commence à éliminer
son "je" jusqu'au moment où il voit la possibilité de quitter sa
dernière prison. Il se débarrasse alors complètement du "je" et se
libère de la grande illusion de la séparation. Dès lors, il est libre,
il est enfin homme.
Pour moi, le surhomme n'existe pas. On le conçoit généralement comme un être doué de qualités et de vertus exaltées. Mais l'homme libéré n'a pas de qualités, parce que celles-ci appartiennent au "je" dont l'homme s'est précisément dépouillé.
L'Ego développé à 1'extrême s'appelle surhomme ou Dieu; mais
puisque le "je" est une limitation, donc une imperfection, comment
deviendrait-il (même démesurément agrandi) parfait ou illimité? Lorsque
le "je" a disparu, l'homme
atteint la perfection et devient pareil à un Christ, à un Bouddha,
c'est-à-dire réellement un homme: "Homme" reprend alors son sens
propre, I'homme est l'être qui n'a pas d'égo. En lui toutes les
limitations (ses qualités) ont disparu. La perfection ne comporte pas
de degrés, car l'égo, auquel seul s'appliquent les qualités, n'existe
plus.
Pour réaliser la Vérité, il ne faut pas l'envisager du point de
vue du relatif. Le relatif appartient encore à l'égo, quand l'égo
disparaît le relatif fait place à l'absolu. Tout acte pur, c'est-à-dire
tout acte dépouillé du "je", dévoile la Vérité, mais il ne peut
procéder que d'un être conscient de la perfection.
L'homme,
depuis sa naissance, s'est enrichi de toutes ses expériences. Il a
d'abord expérimenté une perfection végétative, inconsciente, puis
l'imperfection, qui, d'inconsciente est devenue plus tard consciente.
Il arrive maintenant à une simplicité qui n'est aucunement primitive,
mais qui apparaît au contraire comme une riche et parfaite synthèse,
une oeuvre d'art où pas une ligne ne peut être supprimée.
S'il n'a pas encore réalisé la perfection, il peut néanmoins
l'avoir déjà présente à l'esprit comme un but à atteindre. L'acte qu'il
accomplit en vue d'atteindre ce but, pour qu'il soit utile, doit être
conscient et délibéré. Il faut que l'homme
agisse par expérience personnelle. C'est son expérience qui lui
démontre que l'égo a un but, et qui le pousse à agir en choisissant
librement les actes qui le conduiront à ce but. Si ce Choix demande un
effort, il peut tout de même, ben qu'imparfait, avoir du prix, parce
qu'il est fait librement, tandis que l'effort qui provient du désir que
l'on a de se conformer à l'idéal d'un autre n'a aucune valeur.
Cassiopée- Messages: 17566
Date d'inscription: 28/04/2009
Re: L'homme et le moi
Lorsque l'effort cesse, l'acte devient spontané,
la perfection de l'action pure est réalisée. La vertu qui s'accompagne
d'effort n'est pas une vertu.
Tout homme libéré atteint la Vérité, comme un Christ ou un
Bouddha. Christ et Bouddha sont des noms donnés à des hommes qui ont
atteint la Vérité; ce ne sont pas les noms de la VérIté elle-même.
Ainsi ceux qui s attachent à ces noms ou aux hommes qui portés ces noms
ne trouvent pas l'immortalité, mais ceux qui la trouvent sont ceux qui
s'attachent à la Vérité.
Pour être immortel il ne faut pas vouloir préserver son
individualité ni son unicité, il ne faut pas non plus vouloir agrandir
son "Moi", ou vouloir l'immortaliser dans un Dieu. Au contraire. L'homme doit aspirer à perdre le sens du "Moi",
le "je", qui lui cache la Vérité et l'empêche de parvenir à elle. La
Vérité ne dépend pas du temps qui se décompose en passé, présent et
futur. Elle est le moment, insaisissable et pourtant si réel, du
"maintenant" en dehors de la durée. Elle se trouve là où il n'y a pas
de "je".
Une petite feuille tendre au creux de notre main contient
l'éternité si nous savons la regarder en dehors du "je" et peut nous
faire découvrir l'essence de tout ce qui contient la Vérité.
Pourquoi mettre son espoir dans l'avenir? Pourquoi scruter le passé? Le passé, le présent, le futur sont irréels, l'homme qui se fie au temps est pris par son mensonge. Il importe de vivre dans le "Maintenant" éternel, où l'homme,
concentré, tendu dans un équilibre parfait, est la Vérité. la Vérité
laisse les gens indifférents parce qu'ils ne savent pas que sans elle
ils ne peuvent être heureux. Ils cherchent le bonheur hors de la
Vérité, et c'est pourquoi le bonheur les fuit.
Il est essentiel que l'on ne prenne pas ce que je dis pour une
spéculation de l'esprit. La Vérité dont je parle est le résultat de mon
expérience. Je la vis pleinement et constamment, elle existe en chacun
et en chaque chose, et sans sa réalisation le bonheur n'existe pas.
Cet achèvement, cet accomplissement n'est pas réservé à une petite
élite d'initiés ou de surhommes. La Vérité n'est pas l'apanage d'un
centre quelconque, elle n'est pas détenue par une association, une
institution, une église, une académie. Elle peut être atteinte par
chacun, ceux qui veulent la réaliser doivent eux-mêmes la rechercher.
------------------------- II ------------------------
La vraie simplicité n'est pas une pauvreté intérieure mais provient
de la richesse de l'expérience. La pauvreté d'expérience n'est qu'une
fausse simplicité, qui crée au contraire, toutes les complications de
l'existence.
Il y a une apparente richesse d'expérience qui provient de leur
grande multiplication, et il y une apparente richesse matérielle qui
provient d'une grande multiplication des objets matériels. Ces
richesses, qui pour les uns semblent positives et pour d'autres
négatives, ne sont ni positives ni négatives: elles sont nulles si l'on
ne sait pas en tirer toute la leçon qu'elles comportent et en dégager
l'essence.
De même, il y a une apparente pauvreté d'expérience et une
apparente pauvreté matérielle. Celles-ci, loin de multiplier,
s'attachent à réduire, et à leur tour semblent négatives aux uns et
positives aux autres. Mais elles ne sont négatives ou positives que
selon la leçon que l'on sait en tirer.
La richesse et la pauvreté ne sont pas une question de quantité.
Une seule expérience peut suffire pour comprendre la Vérité toute
entière, si par elle on sait se libérer: la Vérité est la libération de
toute expérience. Une seule possession peut suffire à se délivrer à la
fois du problème de posséder et de celui de ne pas posséder, car on
peut, du fait qu'on l'on ne possède un seul objet, dégager la pleine
signification de la possession en général. Il suffit en effet
d'examiner son désir impersonnellement et avec grande attention. Ce
désir est le même, quelle que soit la quantité des objets que l'on
possède.
Il y avait une fois aux Indes un sannyasin, un religieux voué à la
pauvreté, qui s'en alla trouver un roi renommé pour sa sagesse. Ce
sannyasin possédait, pour tout bien terrestre, deux pagnes. Un jour,
pendant qu'il s'entretenait avec le roi à l'ombre d'un arbre, le
somptueux palais royal prit feu. Sans même tourner la tête, le roi
continua l'entretien, cependant que le sannyasin, inquiet et distrait,
ne perdait pas l'incendie de vue... car tout près du palais il avait
étendu son second pagne...
Le désir d'être riche et le désir d'être pauvre sont tous deux
basés sur la peur. On a peur de ne pas assez posséder ou, au contraire,
on a peur de trop posséder. A la base de l'ascétisme le plus pur, nous
découvrons la crainte du monde: si le monde est considéré comme une
illusion, Maya, on a peur de se laisser prendre par les possessions qui
apparaissent aussi comme des illusions, et si le monde est assimilé au
mal, les possessions deviennent des tentations qu'il faut fuir.
Mais cette fuite provoquée par la crainte et la lassitude n'est
pas le vrai abandon du monde. Le mondé est réel. Tout est réel. Ce qui
est irréel, ce qu'il convient d'abandonner, ce n'est pas le monde, ce
sont les fausses valeurs que l'on attribue aux choses. Dans ce sens, se
détacher, renoncer, veut dire discerner dans l'irréalité de ces fausses
valeurs ce qui est réel, et s'en emparer. Renoncer vraiment ce n'est
pas rejeter le monde mais le comprendre.
Être détaché, c'est ne plus éprouver le désir de posséder ni le désir
de ne point posséder. C'est ne plus convoiter les possessions, ni
mépriser ceux qui possèdent. C'est ne plus être jaloux de la richesse
des autres ni de leur pauvreté. Lorsque nous cessons de penser que la
richesse ou la pauvreté sont des privilèges, notre conduite, basée
uniquement sur l'harmonie de notre détachement complet, ne nous porte
plus à aborder le riche ou le pauvre d'un point de vue particulier.
Nous n'établissons plus, entre nous et les autres, des rapports d'après
lesquels nous les traitons de telle ou telle façon; mais nous exprimons
l'action impersonnelle et pure qui ne comporte pas de rapports ni de
situations entre individus, parce qu'elle est une plénitude par
elle-même.
Quand la richesse et la pauvreté cessent de nous séduire, nous
cessons de leur attribuer une signification humaine. En effet elles
sont extérieures à 1'homme.
C'est une grande illusion de vouloir être riche pour faire du bien
en aidant les autres, ou de justifier sa richesse par charités. Le tort
qui a été commis en amassant des richesses ne peut être réparé par
aucune charité. L'argent étant une forme de pouvoir, aider les autres
c'est simplement exercer ce pouvoir.
Le pouvoir sous forme de possession est exercé par les Églises
sous deux formes: placement de capitaux pour leur richesse matérielle,
exploitation de la faiblesse humaine pour distribuer les richesses
dites spirituelles. Les Églises qui se disent spirituelles encouragent
les riches; elles encouragent donc aussi les pauvres à rester pauvres.
Le riche qui décide de devenir pauvre et qui donne tous ses biens
fait une action qui est égale à zéro, car elle n'est pas une action au
vrai sens du mot, mais une réaction. La pauvreté pour lui n'est que
l'opposé de la richesse, au sein d'un conflit qui n'est pas résolu,
Il est aussi faux croire que la richesse est un ma et la pauvreté une vertu qu'il est faux de croire l'inverse.
La richesse qui n'est que possession est négative. La pauvreté qui
n'est qu'un manque de possession est aussi négative. La richesse et la
pauvreté sont positives lorsqu'elles s'unissent dans la plénitude
intérieure du détachement.
Lorsque la richesse et la pauvreté sont séparées de la possession
elles acquièrent dans ce détachement un sens nouveau la pauvreté de
l'avoir devient la richesse de l'être.
Les hommes ont élevés en eux-mêmes une double barrière à la
Vérité, la richesse et la pauvreté. Mais la Vérité ne peut pas être
trouvée au moyen de possessions spirituelles ou matérielles. Elle n'est
pas le résultat de compensations dans ces deux domaines. Elle n'est
riche ni pauvre d'aucune sorte de possessions. Toutes les discussions à
ce sujet ne mènent à rien, et je ne voudrais pas trop m'y arrêter.
Comment prendre pour critérium de vérité le confort et l'inconfort
physique? Celui qui est vraiment simple n'est influencé ni par le
confort ni par l'inconfort, parce qu'il possède la plénitude de la Vie.
J'ai dit que la vraie simplicité est la plénitude du détachement.
Elle est à la fois la plénitude de l'amour détaché et impersonnel où ne
subsiste plus la distinction sujet et objet, et la plénitude de la
pensée concentrée jusqu'à l'extrême mais tout à fait souple, jamais
rigide, toujours alertée à l'essentiel. Cet ensemble harmonieux de
l'amour et de la pensée est la simplicité de l'intuition, qui est le
.détachement.
Le détachement dont je parle ne se traduit pas par le contentement de vivre dans les conditions où l'on se trouve. L'homme
qui se contente de tout n'est pas essentiellement différent de celui
qui veut toujours changer je conditions extérieures parce qu'il ne
trouve de paix nulle part. Ni l'un ni l'autre ne sont vraiment
détachés. Ils continuent à être esclaves et complices des causes qui
créent la civilisation où ils se trouvent. Ils contribuent à cette
civilisation qui emprisonne l'homme.
la perfection de l'action pure est réalisée. La vertu qui s'accompagne
d'effort n'est pas une vertu.
Tout homme libéré atteint la Vérité, comme un Christ ou un
Bouddha. Christ et Bouddha sont des noms donnés à des hommes qui ont
atteint la Vérité; ce ne sont pas les noms de la VérIté elle-même.
Ainsi ceux qui s attachent à ces noms ou aux hommes qui portés ces noms
ne trouvent pas l'immortalité, mais ceux qui la trouvent sont ceux qui
s'attachent à la Vérité.
Pour être immortel il ne faut pas vouloir préserver son
individualité ni son unicité, il ne faut pas non plus vouloir agrandir
son "Moi", ou vouloir l'immortaliser dans un Dieu. Au contraire. L'homme doit aspirer à perdre le sens du "Moi",
le "je", qui lui cache la Vérité et l'empêche de parvenir à elle. La
Vérité ne dépend pas du temps qui se décompose en passé, présent et
futur. Elle est le moment, insaisissable et pourtant si réel, du
"maintenant" en dehors de la durée. Elle se trouve là où il n'y a pas
de "je".
Une petite feuille tendre au creux de notre main contient
l'éternité si nous savons la regarder en dehors du "je" et peut nous
faire découvrir l'essence de tout ce qui contient la Vérité.
Pourquoi mettre son espoir dans l'avenir? Pourquoi scruter le passé? Le passé, le présent, le futur sont irréels, l'homme qui se fie au temps est pris par son mensonge. Il importe de vivre dans le "Maintenant" éternel, où l'homme,
concentré, tendu dans un équilibre parfait, est la Vérité. la Vérité
laisse les gens indifférents parce qu'ils ne savent pas que sans elle
ils ne peuvent être heureux. Ils cherchent le bonheur hors de la
Vérité, et c'est pourquoi le bonheur les fuit.
Il est essentiel que l'on ne prenne pas ce que je dis pour une
spéculation de l'esprit. La Vérité dont je parle est le résultat de mon
expérience. Je la vis pleinement et constamment, elle existe en chacun
et en chaque chose, et sans sa réalisation le bonheur n'existe pas.
Cet achèvement, cet accomplissement n'est pas réservé à une petite
élite d'initiés ou de surhommes. La Vérité n'est pas l'apanage d'un
centre quelconque, elle n'est pas détenue par une association, une
institution, une église, une académie. Elle peut être atteinte par
chacun, ceux qui veulent la réaliser doivent eux-mêmes la rechercher.
------------------------- II ------------------------
La vraie simplicité n'est pas une pauvreté intérieure mais provient
de la richesse de l'expérience. La pauvreté d'expérience n'est qu'une
fausse simplicité, qui crée au contraire, toutes les complications de
l'existence.
Il y a une apparente richesse d'expérience qui provient de leur
grande multiplication, et il y une apparente richesse matérielle qui
provient d'une grande multiplication des objets matériels. Ces
richesses, qui pour les uns semblent positives et pour d'autres
négatives, ne sont ni positives ni négatives: elles sont nulles si l'on
ne sait pas en tirer toute la leçon qu'elles comportent et en dégager
l'essence.
De même, il y a une apparente pauvreté d'expérience et une
apparente pauvreté matérielle. Celles-ci, loin de multiplier,
s'attachent à réduire, et à leur tour semblent négatives aux uns et
positives aux autres. Mais elles ne sont négatives ou positives que
selon la leçon que l'on sait en tirer.
La richesse et la pauvreté ne sont pas une question de quantité.
Une seule expérience peut suffire pour comprendre la Vérité toute
entière, si par elle on sait se libérer: la Vérité est la libération de
toute expérience. Une seule possession peut suffire à se délivrer à la
fois du problème de posséder et de celui de ne pas posséder, car on
peut, du fait qu'on l'on ne possède un seul objet, dégager la pleine
signification de la possession en général. Il suffit en effet
d'examiner son désir impersonnellement et avec grande attention. Ce
désir est le même, quelle que soit la quantité des objets que l'on
possède.
Il y avait une fois aux Indes un sannyasin, un religieux voué à la
pauvreté, qui s'en alla trouver un roi renommé pour sa sagesse. Ce
sannyasin possédait, pour tout bien terrestre, deux pagnes. Un jour,
pendant qu'il s'entretenait avec le roi à l'ombre d'un arbre, le
somptueux palais royal prit feu. Sans même tourner la tête, le roi
continua l'entretien, cependant que le sannyasin, inquiet et distrait,
ne perdait pas l'incendie de vue... car tout près du palais il avait
étendu son second pagne...
Le désir d'être riche et le désir d'être pauvre sont tous deux
basés sur la peur. On a peur de ne pas assez posséder ou, au contraire,
on a peur de trop posséder. A la base de l'ascétisme le plus pur, nous
découvrons la crainte du monde: si le monde est considéré comme une
illusion, Maya, on a peur de se laisser prendre par les possessions qui
apparaissent aussi comme des illusions, et si le monde est assimilé au
mal, les possessions deviennent des tentations qu'il faut fuir.
Mais cette fuite provoquée par la crainte et la lassitude n'est
pas le vrai abandon du monde. Le mondé est réel. Tout est réel. Ce qui
est irréel, ce qu'il convient d'abandonner, ce n'est pas le monde, ce
sont les fausses valeurs que l'on attribue aux choses. Dans ce sens, se
détacher, renoncer, veut dire discerner dans l'irréalité de ces fausses
valeurs ce qui est réel, et s'en emparer. Renoncer vraiment ce n'est
pas rejeter le monde mais le comprendre.
Être détaché, c'est ne plus éprouver le désir de posséder ni le désir
de ne point posséder. C'est ne plus convoiter les possessions, ni
mépriser ceux qui possèdent. C'est ne plus être jaloux de la richesse
des autres ni de leur pauvreté. Lorsque nous cessons de penser que la
richesse ou la pauvreté sont des privilèges, notre conduite, basée
uniquement sur l'harmonie de notre détachement complet, ne nous porte
plus à aborder le riche ou le pauvre d'un point de vue particulier.
Nous n'établissons plus, entre nous et les autres, des rapports d'après
lesquels nous les traitons de telle ou telle façon; mais nous exprimons
l'action impersonnelle et pure qui ne comporte pas de rapports ni de
situations entre individus, parce qu'elle est une plénitude par
elle-même.
Quand la richesse et la pauvreté cessent de nous séduire, nous
cessons de leur attribuer une signification humaine. En effet elles
sont extérieures à 1'homme.
C'est une grande illusion de vouloir être riche pour faire du bien
en aidant les autres, ou de justifier sa richesse par charités. Le tort
qui a été commis en amassant des richesses ne peut être réparé par
aucune charité. L'argent étant une forme de pouvoir, aider les autres
c'est simplement exercer ce pouvoir.
Le pouvoir sous forme de possession est exercé par les Églises
sous deux formes: placement de capitaux pour leur richesse matérielle,
exploitation de la faiblesse humaine pour distribuer les richesses
dites spirituelles. Les Églises qui se disent spirituelles encouragent
les riches; elles encouragent donc aussi les pauvres à rester pauvres.
Le riche qui décide de devenir pauvre et qui donne tous ses biens
fait une action qui est égale à zéro, car elle n'est pas une action au
vrai sens du mot, mais une réaction. La pauvreté pour lui n'est que
l'opposé de la richesse, au sein d'un conflit qui n'est pas résolu,
Il est aussi faux croire que la richesse est un ma et la pauvreté une vertu qu'il est faux de croire l'inverse.
La richesse qui n'est que possession est négative. La pauvreté qui
n'est qu'un manque de possession est aussi négative. La richesse et la
pauvreté sont positives lorsqu'elles s'unissent dans la plénitude
intérieure du détachement.
Lorsque la richesse et la pauvreté sont séparées de la possession
elles acquièrent dans ce détachement un sens nouveau la pauvreté de
l'avoir devient la richesse de l'être.
Les hommes ont élevés en eux-mêmes une double barrière à la
Vérité, la richesse et la pauvreté. Mais la Vérité ne peut pas être
trouvée au moyen de possessions spirituelles ou matérielles. Elle n'est
pas le résultat de compensations dans ces deux domaines. Elle n'est
riche ni pauvre d'aucune sorte de possessions. Toutes les discussions à
ce sujet ne mènent à rien, et je ne voudrais pas trop m'y arrêter.
Comment prendre pour critérium de vérité le confort et l'inconfort
physique? Celui qui est vraiment simple n'est influencé ni par le
confort ni par l'inconfort, parce qu'il possède la plénitude de la Vie.
J'ai dit que la vraie simplicité est la plénitude du détachement.
Elle est à la fois la plénitude de l'amour détaché et impersonnel où ne
subsiste plus la distinction sujet et objet, et la plénitude de la
pensée concentrée jusqu'à l'extrême mais tout à fait souple, jamais
rigide, toujours alertée à l'essentiel. Cet ensemble harmonieux de
l'amour et de la pensée est la simplicité de l'intuition, qui est le
.détachement.
Le détachement dont je parle ne se traduit pas par le contentement de vivre dans les conditions où l'on se trouve. L'homme
qui se contente de tout n'est pas essentiellement différent de celui
qui veut toujours changer je conditions extérieures parce qu'il ne
trouve de paix nulle part. Ni l'un ni l'autre ne sont vraiment
détachés. Ils continuent à être esclaves et complices des causes qui
créent la civilisation où ils se trouvent. Ils contribuent à cette
civilisation qui emprisonne l'homme.
Cassiopée- Messages: 17566
Date d'inscription: 28/04/2009
Re: L'homme et le moi
Celui qui est parvenu au vrai détachement s'est
donc d'abord délivré de son état d'esclavage, c'est-à-dire qu'il n'est
plus esclave des causes qui à chaque instant créent une civilisation
qui enchaînent les hommes. Et du fait qu'il s'est délivré, qu'il ne
contribue plus à créer cette civilisation, il appartient au contraire à
la vraie civilisation, dont le but est la délivrance de l'homme.
Dès lors, sa simplicité ne s'exprime pas par des réactions à
l'intérieur de la civilisation dont il s'est détaché: il ne réagit pas
contre telle où telle façon de s'habiller et de vivre en affirmant que
la vérité consiste à s'habiller et à vivre autrement. Il ne peut
prendre position à l'intérieur du jeu auquel il ne joue plus. Pour lui
le jeu tout entier de cette civilisation est en dehors de ce qu'il
considère comme étant l'ordre naturel qui convient aux hommes. Si les
autres pensent pouvoir s'y adapter, lui, par contre, y est purement et
simplement inadapté.
Certes, il utilise de cette civilisation ce dont il a physiquement
besoin pour vivre selon un minimum qui ne comporte aucun désir
personnel. Si les circonstances le placent dans des conditions où ce
minimum lui est refusé, cela pourra l'affaiblir physiquement jusqu'à
étouffer son expression, jusqu'à le tuer, mais cela ne changera pas sa
nature ni la nature de son expression.
Dans une civilisation uniquement créée par des réactions qui
enchaînent les hommes et les font souffrir, il est libre, donc il agit
librement, d'une façon simple et naturelle. Non seulement il ne crée
plus de souffrance, mais son action est positive parce qu'elle dégage
l'essence des choses. Ceux qui souffrent parce qu'ils sont pris dans
leurs irréalités peuvent boire à son eau pure. L'eau pure est là pour
étancher leur soif. Mais s'ils la mêlent à de la boue ils ne pourront
plus la boire.
Le vrai détachement est un bonheur qui n'a pas de qualités. Il ne
consiste pas, seulement à être délivré de la richesse et de la
pauvreté: cette délivrance n'est qu'un de ses aspects. Le détachement
total est une solitude totale. Tant que l'on ne parvient pas à cette
solitude la pensée et les émotions sont un fardeau. Dans la complète
solitude, la pensée est pure, purement humaine, joyeuse, elle surgit de
sa propre joie, de sa propre action, elle est normale enfin, car elle
n'est pas provoquée par des réactions.
Avant ce détachement complet, la pensée, née de réactions, était une réflexion sur les altérations que subissait le "moi". Maintenant la pensée n'est plus une réflexion, elle porte sur l'essence, donc elle ne s'altère pas.
Personne ne peut nous dire si nous sommes détachés ou non. De même,
nous ne pouvons pas juger les autres, mais nous-mêmes. Et, pour être
nos propres juges, nous devons nous examiner avec la plus grande
honnêteté. Tant que nous éprouvons la sensation d'être incomplets, tant
que nous ne possédons pas la plénitude totale, nous ne sommes pas
encore détachés.
La plénitude du détachement est le bonheur, qui est
compréhension,.car il résulte de la totalité de l'expérience, et
celle-ci contient l'essence de la vie. Si l'on comprend bien ce que
j'entends par expérience, on verra que cette totalité est contenue dans
chaque expérience particulière, à condition que celles-ci soit
véritable.
Ce que j'entends par expérience n'est pas une connaissance
intellectuelle qui s'acquiert par l'observation des choses et des
rapports qui existent entre elles. Cette connaissance intellectuelle
reste à la surface de notre être. Je parle de l'expérience de
compréhension qui nous touche dans notre raison d'être, par la Joie ou
la souffrance. Cette expérience met en contact un événement, mort,
naissance, amour, et un équilibre provisoire de l'être, établi sur des
bases irréelles. Il y a expérience quand cet équilibre artificiel est
détruit.
L'équilibre incertain et irréel qui est ainsi secoué par
l'expérience, est construit par la peur et l'espoir qu'éprouve le "je"
de se sentir incomplet. Sa peur et son espoir sont frappés par les
expériences de la mort et de l'amour, leur édifice tombe et l'homme,
dans ce vide, éprouve de nouveau le sentiment qu'il est incomplet. Si
pour apaiser ce sentiment il reconstruit un nouvel édifice illusoire
sur sa peur et son espoir, il n'utilise pas l'expérience, il refuse ce
qu'elle lui a offert, et se met dans la nécessité de la recommencer.
Mais s'il comprend que cette expérience lui offre la possibilité
d'aller jusqu'au bout de cette rupture d'équilibre, jusqu'à la base de
sa raison d'être, il s'en servira pour aller chercher les causes de sa
peur et de son espoir, et pour les éliminer. Une fois ces causes
éliminées, il ne construira plus sur elles l'équilibre artificiel qui
appelle l'expérience afin de se faire détruire, il ne construira plus
rien, il sera établi dans la Vérité. Ainsi une seule expérience lui
aura apporté la totalité de l'expérience. L'incertitude et le sentiment
qu'il avait d'être incomplet l'ont conduit à la plénitude positive qui
a dépassé toute expérience.
C'est cela le vrai détachement. C'est une sérénité qui s'exprime
par l'action pure et impersonnelle, et dont le but ne dépend ni du
temps ni de l'espace.
L'homme
incomplet, poussé par sa peur et son espoir, passe d'un but illusoire à
l'autre. Il cherche des appuis, il veut se faire guider et consoler, il
veut trouver le bonheur en s'abritant dans des illusions, des Églises,
des autorités. Mais s'il veut posséder la plénitude intérieure
positive, il doit placer son but en dehors du temps et de l'espace. Ce
but lui servira de point de repère et de moyen. Il ne doit pas en faire
une spéculation de l'esprit, mais son être tout entier doit y
participer.
De même que l'essence d'une goutte d'eau est l'essence de toute eau, la vie en chacun est l'essence de la vie.
Se comprendre soi-même dans sa propre essence c'est comprendre la
totalité, ou le "je" a disparu. L'expérience était le contact d'une
illusion (le "je") et de la réalité (la Vie). Maintenant le "je"
n'existe plus en aucune façon, ni subtile ni amplifié, il ne reste plus
que la vie, on ne peut plus parler d'expérience.
Le "je" appartient au temps et à l'espace. La vérité, qui est la
Vie, en est complètement indépendante: elle est immortelle. Pourtant
les hommes veulent la chercher à travers leur" je", à travers le temps
et l'espace, et l'exprimer par des formes.
La sincérité de l'homme
qui possède la plénitude de la Vie ne ressemble à aucune autre, car ce
qu'on appelle habituellement sincérité est une sincérité vis-à-vis de
soi-même, de ce "je" créé par l'illusion, conditionné par le temps et
l'espace, dominé par les circonstances. La vraie sincérité consiste à
chasser hors de l'homme tout ce qui appartient au temps, à l'espace, au moi. Cette élimination n'est donc pas faite par le "je", mais par l'Éternité qui opère dans l'homme.
Ainsi le moi
ne peut pas aller au devant de l'Éternité dans l'espoir de s'en
emparer, il ne la trouvera jamais. Les religions qui incitent les
hommes à trouver la vérité, en leur promettant comme récompense la Vie
éternelle, ou en les menaçant d'une punition, sont créées par le "je"
qui veut durer, qui a peur et qui espère, et n'ont donc aucun rapport
avec la vérité.
L'Éternité travaille dans l'homme afin de briser en lui les murs du moi. Quand ces murs sont tombés, la Vérité est là. La résistance que le "je" oppose à ce travail de l'Éternité dans l'homme, les hommes l'appellent souffrance.
Pour calmer cette souffrance, ils pensent devoir accumuler des acquisitions et des expériences, car ils pensent que le moi
doit évoluer, progresser, s'enrichir. Ils doivent au contraire devenir
pleinement conscients et comprendre que la résistance que le moi
oppose à l'Éternité peut cesser à n'importe quel moment. Il lui suffit
de dégager d'une seule expérience, ainsi que je l'ai dit, la totalité
de la compréhension qu'elle peut lui donner.
Puisque chaque expérience contient la totalité de l'expérience,
elle n'est à proprement parler qu'un aspect d'une seule et unique
expérience qu'il convient de faire jusqu'au bout. Il est donc tout à
fait inutile de répéter indéfiniment des détails particuliers de cette
expérience unique. Si, au lieu d'épuiser un détail, nous lui résistons,
nous résisterons aussi bien à d'autres expériences, et en les
accumulant nous ne ferons que perdre du temps dans une souffrance
inutile, et dans l'illusion d'une évolution.
Donc, une seule expérience doit pouvoir suffire.
donc d'abord délivré de son état d'esclavage, c'est-à-dire qu'il n'est
plus esclave des causes qui à chaque instant créent une civilisation
qui enchaînent les hommes. Et du fait qu'il s'est délivré, qu'il ne
contribue plus à créer cette civilisation, il appartient au contraire à
la vraie civilisation, dont le but est la délivrance de l'homme.
Dès lors, sa simplicité ne s'exprime pas par des réactions à
l'intérieur de la civilisation dont il s'est détaché: il ne réagit pas
contre telle où telle façon de s'habiller et de vivre en affirmant que
la vérité consiste à s'habiller et à vivre autrement. Il ne peut
prendre position à l'intérieur du jeu auquel il ne joue plus. Pour lui
le jeu tout entier de cette civilisation est en dehors de ce qu'il
considère comme étant l'ordre naturel qui convient aux hommes. Si les
autres pensent pouvoir s'y adapter, lui, par contre, y est purement et
simplement inadapté.
Certes, il utilise de cette civilisation ce dont il a physiquement
besoin pour vivre selon un minimum qui ne comporte aucun désir
personnel. Si les circonstances le placent dans des conditions où ce
minimum lui est refusé, cela pourra l'affaiblir physiquement jusqu'à
étouffer son expression, jusqu'à le tuer, mais cela ne changera pas sa
nature ni la nature de son expression.
Dans une civilisation uniquement créée par des réactions qui
enchaînent les hommes et les font souffrir, il est libre, donc il agit
librement, d'une façon simple et naturelle. Non seulement il ne crée
plus de souffrance, mais son action est positive parce qu'elle dégage
l'essence des choses. Ceux qui souffrent parce qu'ils sont pris dans
leurs irréalités peuvent boire à son eau pure. L'eau pure est là pour
étancher leur soif. Mais s'ils la mêlent à de la boue ils ne pourront
plus la boire.
Le vrai détachement est un bonheur qui n'a pas de qualités. Il ne
consiste pas, seulement à être délivré de la richesse et de la
pauvreté: cette délivrance n'est qu'un de ses aspects. Le détachement
total est une solitude totale. Tant que l'on ne parvient pas à cette
solitude la pensée et les émotions sont un fardeau. Dans la complète
solitude, la pensée est pure, purement humaine, joyeuse, elle surgit de
sa propre joie, de sa propre action, elle est normale enfin, car elle
n'est pas provoquée par des réactions.
Avant ce détachement complet, la pensée, née de réactions, était une réflexion sur les altérations que subissait le "moi". Maintenant la pensée n'est plus une réflexion, elle porte sur l'essence, donc elle ne s'altère pas.
Personne ne peut nous dire si nous sommes détachés ou non. De même,
nous ne pouvons pas juger les autres, mais nous-mêmes. Et, pour être
nos propres juges, nous devons nous examiner avec la plus grande
honnêteté. Tant que nous éprouvons la sensation d'être incomplets, tant
que nous ne possédons pas la plénitude totale, nous ne sommes pas
encore détachés.
La plénitude du détachement est le bonheur, qui est
compréhension,.car il résulte de la totalité de l'expérience, et
celle-ci contient l'essence de la vie. Si l'on comprend bien ce que
j'entends par expérience, on verra que cette totalité est contenue dans
chaque expérience particulière, à condition que celles-ci soit
véritable.
Ce que j'entends par expérience n'est pas une connaissance
intellectuelle qui s'acquiert par l'observation des choses et des
rapports qui existent entre elles. Cette connaissance intellectuelle
reste à la surface de notre être. Je parle de l'expérience de
compréhension qui nous touche dans notre raison d'être, par la Joie ou
la souffrance. Cette expérience met en contact un événement, mort,
naissance, amour, et un équilibre provisoire de l'être, établi sur des
bases irréelles. Il y a expérience quand cet équilibre artificiel est
détruit.
L'équilibre incertain et irréel qui est ainsi secoué par
l'expérience, est construit par la peur et l'espoir qu'éprouve le "je"
de se sentir incomplet. Sa peur et son espoir sont frappés par les
expériences de la mort et de l'amour, leur édifice tombe et l'homme,
dans ce vide, éprouve de nouveau le sentiment qu'il est incomplet. Si
pour apaiser ce sentiment il reconstruit un nouvel édifice illusoire
sur sa peur et son espoir, il n'utilise pas l'expérience, il refuse ce
qu'elle lui a offert, et se met dans la nécessité de la recommencer.
Mais s'il comprend que cette expérience lui offre la possibilité
d'aller jusqu'au bout de cette rupture d'équilibre, jusqu'à la base de
sa raison d'être, il s'en servira pour aller chercher les causes de sa
peur et de son espoir, et pour les éliminer. Une fois ces causes
éliminées, il ne construira plus sur elles l'équilibre artificiel qui
appelle l'expérience afin de se faire détruire, il ne construira plus
rien, il sera établi dans la Vérité. Ainsi une seule expérience lui
aura apporté la totalité de l'expérience. L'incertitude et le sentiment
qu'il avait d'être incomplet l'ont conduit à la plénitude positive qui
a dépassé toute expérience.
C'est cela le vrai détachement. C'est une sérénité qui s'exprime
par l'action pure et impersonnelle, et dont le but ne dépend ni du
temps ni de l'espace.
L'homme
incomplet, poussé par sa peur et son espoir, passe d'un but illusoire à
l'autre. Il cherche des appuis, il veut se faire guider et consoler, il
veut trouver le bonheur en s'abritant dans des illusions, des Églises,
des autorités. Mais s'il veut posséder la plénitude intérieure
positive, il doit placer son but en dehors du temps et de l'espace. Ce
but lui servira de point de repère et de moyen. Il ne doit pas en faire
une spéculation de l'esprit, mais son être tout entier doit y
participer.
De même que l'essence d'une goutte d'eau est l'essence de toute eau, la vie en chacun est l'essence de la vie.
Se comprendre soi-même dans sa propre essence c'est comprendre la
totalité, ou le "je" a disparu. L'expérience était le contact d'une
illusion (le "je") et de la réalité (la Vie). Maintenant le "je"
n'existe plus en aucune façon, ni subtile ni amplifié, il ne reste plus
que la vie, on ne peut plus parler d'expérience.
Le "je" appartient au temps et à l'espace. La vérité, qui est la
Vie, en est complètement indépendante: elle est immortelle. Pourtant
les hommes veulent la chercher à travers leur" je", à travers le temps
et l'espace, et l'exprimer par des formes.
La sincérité de l'homme
qui possède la plénitude de la Vie ne ressemble à aucune autre, car ce
qu'on appelle habituellement sincérité est une sincérité vis-à-vis de
soi-même, de ce "je" créé par l'illusion, conditionné par le temps et
l'espace, dominé par les circonstances. La vraie sincérité consiste à
chasser hors de l'homme tout ce qui appartient au temps, à l'espace, au moi. Cette élimination n'est donc pas faite par le "je", mais par l'Éternité qui opère dans l'homme.
Ainsi le moi
ne peut pas aller au devant de l'Éternité dans l'espoir de s'en
emparer, il ne la trouvera jamais. Les religions qui incitent les
hommes à trouver la vérité, en leur promettant comme récompense la Vie
éternelle, ou en les menaçant d'une punition, sont créées par le "je"
qui veut durer, qui a peur et qui espère, et n'ont donc aucun rapport
avec la vérité.
L'Éternité travaille dans l'homme afin de briser en lui les murs du moi. Quand ces murs sont tombés, la Vérité est là. La résistance que le "je" oppose à ce travail de l'Éternité dans l'homme, les hommes l'appellent souffrance.
Pour calmer cette souffrance, ils pensent devoir accumuler des acquisitions et des expériences, car ils pensent que le moi
doit évoluer, progresser, s'enrichir. Ils doivent au contraire devenir
pleinement conscients et comprendre que la résistance que le moi
oppose à l'Éternité peut cesser à n'importe quel moment. Il lui suffit
de dégager d'une seule expérience, ainsi que je l'ai dit, la totalité
de la compréhension qu'elle peut lui donner.
Puisque chaque expérience contient la totalité de l'expérience,
elle n'est à proprement parler qu'un aspect d'une seule et unique
expérience qu'il convient de faire jusqu'au bout. Il est donc tout à
fait inutile de répéter indéfiniment des détails particuliers de cette
expérience unique. Si, au lieu d'épuiser un détail, nous lui résistons,
nous résisterons aussi bien à d'autres expériences, et en les
accumulant nous ne ferons que perdre du temps dans une souffrance
inutile, et dans l'illusion d'une évolution.
Donc, une seule expérience doit pouvoir suffire.
Cassiopée- Messages: 17566
Date d'inscription: 28/04/2009
Re: L'homme et le moi
J'ai dit que la souffrance est la résistance
qu'oppose le "je" à l'Éternité. Mais il n'y a de vraie souffrance que
lorsque le "je" connaît son but et qu'il ne peut pas s'empêcher de lui
résister. La vraie souffrance est de tomber dans une erreur en sachant
que c'est une erreur.
Celui qui prend toutes ces illusions pour des vérités est
inconscient de son erreur et ne connaît pas la véritable souffrance qui
conduit à la libération. Il souffre comme peut souffrir un enfant qui
pleure son jouet cassé. Cette souffrance stérile de l'homme qui ne connaît pas son but fait indéfiniment tourner la roue de l'existence. L'homme n'y est même pas ignorant, il y est inconscient.
A ce stade d'inconscience, l'interminable succession d'efforts stériles
que font les hommes est ce qu'ils appellent le renoncement et le
sacrifice.
Lorsque le réel commence déjà à se mêler à l'illusion, la
conscience s'éveille et cherche à discerner ce qui est réel de ce qui
est illusoire. C'est la période de l'ignorance, où l'homme
cherche la connaissance en faisant un choix. Il discerne ce qui est
réalité et ce qui est illusion, et l'effort qu'il fait pour choisir,
l'effort qu'il fait pour résister à ce qui n'est pas essentiel est la
vraie souffrance. Dans cette souffrance qui le conduit à sa délivrance,
il n'y a déjà plus de place pour la notion de sacrifice.
Enfin, le réel s'épanouit dans l'homme
et celui-ci n est plus attiré par ce qui n'est pas essentiel.
L'Éternité a achevé son travail en lui, la lutte a cessé, il est
libéré.
L'épanouissement de cette connaissance met fin aux actions qui enchaînent l'homme,
car ces actions émanaient du "je". Le "je" s'oppose toujours au réel,
il est donc négatif, et ses actions ne sont en réalité que des
réactions négatives.
J'ai déjà dit que le "je" .ne peut pas progresser: Il peut se
dissoudre dans l'Éternité. Cette dissolution est un état dynamique;
elle n'es pas de l'indifférence. Au cours de sa lutte, le "je" peut
éprouver la plus grande indifférence pour tour ce qui l'entoure et pour
lui-même. Cette indifférence est l'opposé de la plénitude, car elle est
faite du sentiment que tout est incomplet, que rien ne peut être
complet.
Lorsque le "je" se trouve dans un état statique, dont il devra
sortir un jour, deux possibilités s'ouvrent à lui: il peut chercher à
dominer cet état et, dans ce cas, toute la série de ses expériences est
à recommencer car il n'en a pas tiré sa leçon ou l'homme peut comprendre que ce qui est incomplet n'appartient qu'au "je", et alors il se débarrasse de lui.
L'homme
qui s'est débarrassé de son "je" est délivré même de la conscience, il
est la plénitude de l'action pure. Cette plénitude et cette pureté sont
inaltérables, elles ne dépendent plus ni de circonstances extérieures,
ni d'états intérieurs, conscients au inconscients, individuels ou
collectifs (groupes, classes, groupements religieux). L'action pure
n'est pas altérée par ce qui appartient au temps et à l'espace.
Tout ce qui appartient au temps à l'espace est une limitation. Par
exemple, l'amour personnel fait souffrir parce qu'il cherche à briser
les limitations dans lesquelles il est enfermé. Au lieu de facilité
cette tâche à l'amour, 1'homme lutte contre lui. Il resserre ses
limitations en croyant ainsi se garantir contre la souffrance. Son sens
possessif érige contre l'amour de véritables murailles: on les appelle
loyauté, fidélité, don de soi.
La souffrance dans l'amour provient de cette fausse conception
que l'on a de l'amour. On veut l'enfermer dans des limites
individuelles, et pour ne pas souffrir on se cramponne à la cause même
qui crée la souffrance.
L'homme
qui aime à l'intérieur de toutes les limitations construites par le
"je" cherche à chaque instant à ajuster son amour à ces limitations. Sa
jalousie, son désir, toutes ses actions, ses pensées, ses émotions
s'efforcent, dans ce travail d'ajustement, d'adapter son amour à une
illusion, de le maintenir dans les limites de son cercle.
Puisque cette adaptation veut se baser sur une illusion, elle est
absolument illusoire. Tout ce travail est stérile et ne fera pas
comprendre la cause de la souffrance. A l'intérieur du cercle tracé par
le "je", l'homme
souffre et lutte pour établir un lien permanent entre deux éléments
opposés et irréductibles créés par ce cercle. Il se débat dans les
dualités de l'amour et de la jalousie, de 1'amour, et de la haine, de
l'objet et du sujet, de la peur et de l'espoir. Tout ce qu'il appelle
amour n'existe que dans ce cercle. Le véritable amour, qui est en
dehors de ces limitations, lui semble inhumain; tandis qu'il est le
seul amour vraiment humain.
L'amour véritable, vu par le "je" de l'intérieur de son cercle,
semble cruel car le "je" ne comprend la compassion que comme un secours
qui viendrait dans ses propres limites le réconforter. La Vérité vue de
l'intérieur de ce cercle paraît si monstrueuse et inaccessible que l'on
ne veut même pas croire à son existence.
L'homme
ne veut pas quitter le cercle. Il croit que faire des efforts
d'ajustement c'est vivre et faire des progrès. Progresser veut dire
pour lui multiplier : multiplier les objets de ses désirs et de ses
amours ou multiplier ses propres désirs en agrandissant et en
renforçant son moi.
Mais toutes ces multiplications ne sont que des divisions, car la
nature du "je" est d'être isolée, dont il ne peut que séparer et
diviser. Dans son cercle le détachement est impossible, on ne peut
arriver qu'à l'indifférence.
Lorsque, martyrisé par la souffrance, l'homme se décide à briser le cercle, il découvre ce que j'ai appelé l'action pure; qui n'émane pas de son moi
et qui, par conséquent, ne dépend pas non plus des autres "je". Donc,
cette action n'établit pas un rapport entre un "je" et un autre "je",
ni même un rapport entre un point de vue personnel et des "je" : elle
n'établit pas de rapports, elle est. Elle est la plénitude de l'amour
détaché, qui est la Vie. Elle est au-delà de la séparation et au-delà
de l'unité. En elle les qualités ont disparu car elle n'est pas
conditionnée ni par l'espace ni par le temps, elle est l'épanouissement
de l'Éternité.
_________________
La Vérité est un pays sans chemin. (Krishnamurti)
A bas les forces reptilo-zeta-reticulo-
américano-judéo-maçonniques. Euh, j'ai oublié quelqu'un? (K-59)
qu'oppose le "je" à l'Éternité. Mais il n'y a de vraie souffrance que
lorsque le "je" connaît son but et qu'il ne peut pas s'empêcher de lui
résister. La vraie souffrance est de tomber dans une erreur en sachant
que c'est une erreur.
Celui qui prend toutes ces illusions pour des vérités est
inconscient de son erreur et ne connaît pas la véritable souffrance qui
conduit à la libération. Il souffre comme peut souffrir un enfant qui
pleure son jouet cassé. Cette souffrance stérile de l'homme qui ne connaît pas son but fait indéfiniment tourner la roue de l'existence. L'homme n'y est même pas ignorant, il y est inconscient.
A ce stade d'inconscience, l'interminable succession d'efforts stériles
que font les hommes est ce qu'ils appellent le renoncement et le
sacrifice.
Lorsque le réel commence déjà à se mêler à l'illusion, la
conscience s'éveille et cherche à discerner ce qui est réel de ce qui
est illusoire. C'est la période de l'ignorance, où l'homme
cherche la connaissance en faisant un choix. Il discerne ce qui est
réalité et ce qui est illusion, et l'effort qu'il fait pour choisir,
l'effort qu'il fait pour résister à ce qui n'est pas essentiel est la
vraie souffrance. Dans cette souffrance qui le conduit à sa délivrance,
il n'y a déjà plus de place pour la notion de sacrifice.
Enfin, le réel s'épanouit dans l'homme
et celui-ci n est plus attiré par ce qui n'est pas essentiel.
L'Éternité a achevé son travail en lui, la lutte a cessé, il est
libéré.
L'épanouissement de cette connaissance met fin aux actions qui enchaînent l'homme,
car ces actions émanaient du "je". Le "je" s'oppose toujours au réel,
il est donc négatif, et ses actions ne sont en réalité que des
réactions négatives.
J'ai déjà dit que le "je" .ne peut pas progresser: Il peut se
dissoudre dans l'Éternité. Cette dissolution est un état dynamique;
elle n'es pas de l'indifférence. Au cours de sa lutte, le "je" peut
éprouver la plus grande indifférence pour tour ce qui l'entoure et pour
lui-même. Cette indifférence est l'opposé de la plénitude, car elle est
faite du sentiment que tout est incomplet, que rien ne peut être
complet.
Lorsque le "je" se trouve dans un état statique, dont il devra
sortir un jour, deux possibilités s'ouvrent à lui: il peut chercher à
dominer cet état et, dans ce cas, toute la série de ses expériences est
à recommencer car il n'en a pas tiré sa leçon ou l'homme peut comprendre que ce qui est incomplet n'appartient qu'au "je", et alors il se débarrasse de lui.
L'homme
qui s'est débarrassé de son "je" est délivré même de la conscience, il
est la plénitude de l'action pure. Cette plénitude et cette pureté sont
inaltérables, elles ne dépendent plus ni de circonstances extérieures,
ni d'états intérieurs, conscients au inconscients, individuels ou
collectifs (groupes, classes, groupements religieux). L'action pure
n'est pas altérée par ce qui appartient au temps et à l'espace.
Tout ce qui appartient au temps à l'espace est une limitation. Par
exemple, l'amour personnel fait souffrir parce qu'il cherche à briser
les limitations dans lesquelles il est enfermé. Au lieu de facilité
cette tâche à l'amour, 1'homme lutte contre lui. Il resserre ses
limitations en croyant ainsi se garantir contre la souffrance. Son sens
possessif érige contre l'amour de véritables murailles: on les appelle
loyauté, fidélité, don de soi.
La souffrance dans l'amour provient de cette fausse conception
que l'on a de l'amour. On veut l'enfermer dans des limites
individuelles, et pour ne pas souffrir on se cramponne à la cause même
qui crée la souffrance.
L'homme
qui aime à l'intérieur de toutes les limitations construites par le
"je" cherche à chaque instant à ajuster son amour à ces limitations. Sa
jalousie, son désir, toutes ses actions, ses pensées, ses émotions
s'efforcent, dans ce travail d'ajustement, d'adapter son amour à une
illusion, de le maintenir dans les limites de son cercle.
Puisque cette adaptation veut se baser sur une illusion, elle est
absolument illusoire. Tout ce travail est stérile et ne fera pas
comprendre la cause de la souffrance. A l'intérieur du cercle tracé par
le "je", l'homme
souffre et lutte pour établir un lien permanent entre deux éléments
opposés et irréductibles créés par ce cercle. Il se débat dans les
dualités de l'amour et de la jalousie, de 1'amour, et de la haine, de
l'objet et du sujet, de la peur et de l'espoir. Tout ce qu'il appelle
amour n'existe que dans ce cercle. Le véritable amour, qui est en
dehors de ces limitations, lui semble inhumain; tandis qu'il est le
seul amour vraiment humain.
L'amour véritable, vu par le "je" de l'intérieur de son cercle,
semble cruel car le "je" ne comprend la compassion que comme un secours
qui viendrait dans ses propres limites le réconforter. La Vérité vue de
l'intérieur de ce cercle paraît si monstrueuse et inaccessible que l'on
ne veut même pas croire à son existence.
L'homme
ne veut pas quitter le cercle. Il croit que faire des efforts
d'ajustement c'est vivre et faire des progrès. Progresser veut dire
pour lui multiplier : multiplier les objets de ses désirs et de ses
amours ou multiplier ses propres désirs en agrandissant et en
renforçant son moi.
Mais toutes ces multiplications ne sont que des divisions, car la
nature du "je" est d'être isolée, dont il ne peut que séparer et
diviser. Dans son cercle le détachement est impossible, on ne peut
arriver qu'à l'indifférence.
Lorsque, martyrisé par la souffrance, l'homme se décide à briser le cercle, il découvre ce que j'ai appelé l'action pure; qui n'émane pas de son moi
et qui, par conséquent, ne dépend pas non plus des autres "je". Donc,
cette action n'établit pas un rapport entre un "je" et un autre "je",
ni même un rapport entre un point de vue personnel et des "je" : elle
n'établit pas de rapports, elle est. Elle est la plénitude de l'amour
détaché, qui est la Vie. Elle est au-delà de la séparation et au-delà
de l'unité. En elle les qualités ont disparu car elle n'est pas
conditionnée ni par l'espace ni par le temps, elle est l'épanouissement
de l'Éternité.
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Cassiopée- Messages: 17566
Date d'inscription: 28/04/2009
Re: L'homme et le moi
| Storm-XII Confirmé ![]() Inscrit le: 11 Jan 2008 Messages: 114 Sexe: Homme |
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Cassiopée- Messages: 17566
Date d'inscription: 28/04/2009
Re: L'homme et le moi
| pourkwapa Chercheur de vérité ![]() Inscrit le: 01 Juil 2007 Messages: 472 Localisation: Maison de la Choucroute Sexe: Extra-terrestre plutôt mâle |
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Cassiopée- Messages: 17566
Date d'inscription: 28/04/2009
Re: L'homme et le moi
| Ventilo Site Admin ![]() Inscrit le: 01 Juil 2007 Messages: 857 Sexe: Extra-terrestre plutôt mâle |
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Cassiopée- Messages: 17566
Date d'inscription: 28/04/2009
Re: L'homme et le moi
| Storm-XII Confirmé ![]() Inscrit le: 11 Jan 2008 Messages: 114 Sexe: Homme |
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Cassiopée- Messages: 17566
Date d'inscription: 28/04/2009
Re: L'homme et le moi
| Ventilo Site Admin ![]() Inscrit le: 01 Juil 2007 Messages: 857 Sexe: Extra-terrestre plutôt mâle |
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Cassiopée- Messages: 17566
Date d'inscription: 28/04/2009
Re: L'homme et le moi
| guido Chercheur de vérité ![]() Inscrit le: 05 Aoû 2008 Messages: 355 Sexe: Homme |
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Cassiopée- Messages: 17566
Date d'inscription: 28/04/2009
Re: L'homme et le moi
| Satyneh Modérateur ![]() Inscrit le: 24 Aoû 2007 Messages: 1771 Localisation: Sud-Ouest Sexe: Femme |
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Cassiopée- Messages: 17566
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Re: L'homme et le moi
| cyrille999 Chercheur de vérité ![]() Inscrit le: 24 Juil 2007 Messages: 253 Localisation: Dans la douce contrée de Rêverose Sexe: Extra-terrestre plutôt femelle |
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Cassiopée- Messages: 17566
Date d'inscription: 28/04/2009
Re: L'homme et le moi
| Storm-XII Confirmé ![]() Inscrit le: 11 Jan 2008 Messages: 114 Sexe: Homme |
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Cassiopée- Messages: 17566
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Re: L'homme et le moi
| Simpson Confirmé ![]() ![]() Inscrit le: 02 Nov 2008 Messages: 149 Localisation: ici Sexe: |
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Cassiopée- Messages: 17566
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